Sur le banc des accusés

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Inutile de faire l’autruche : tôt ou tard, tout individu révolté et toute lutte autonome se heurtera à la répression, que ce soit en encaissant des coups ou en reculant devant la menace de ceux-ci. Dès lors, il est certes important à garder la répression (dans le sens le plus large possible) présente à l’esprit, en discutant et en approfondissant idées et perspectives, voire de s’y préparer techniquement, mais toujours en la reliant avec l’ensemble des rapports sociaux et des tensions et conflits en leur sein. Aucun doute non plus sur la nécessité d’organiser le soutien matériel aux compagnons arrêtés ou incarcérés, sans que pour autant celle-ci dépasse le cadre de simple question technique.

Comprendre et continuer à considérer la répression simplement comme un obstacle, et non comme un mur infranchissable (et encore moins le plus important), n’est certes pas tâche facile. Et nous ne parlons pas uniquement des possibles années de taule, mais aussi tout ce qui a trait à la répression « préventive », la surveillance et les poursuites au sens large du terme. Aujourd’hui déjà et probablement demain encore plus, nous devrons faire appel à notre créativité et notre imagination pour briser l’étau répressif, mais ceci n’est, comme nous le disions auparavant, que dans une moindre mesure une question technique et de capacités : c’est surtout une question de perspectives, d’idées et de projectualités mises à l’épreuve, forgées dans la bataille au quotidien.

Blanqui ou l’insurrection d’Etat

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Louis Auguste Blanqui (1805-1881) nous laisse au mieux un slogan et un livre. Le premier est ce Ni Dieu ni Maître qui fut le titre du journal qu’il fonda en novembre 1880, quelques mois avant sa disparition. Le second est le fascinant L’Eternité par les astres, une méditation sur l’existence de mondes parallèles et sur l’éternel retour. Un cri de bataille et un ouvrage philosophique d’astronomie : voilà tout ce qui mérite d’être retenu de Blanqui. Le reste, nous le laissons volontiers à la poubelle de l’histoire, qu’il s’agisse de ses autres journaux (comme La patrie en danger) ou de sa politique avant-gardiste et autoritaire.

Tous ne partagent pourtant pas cette conviction, à tel point que ces derniers temps, certains s’évertuent même de remettre à l’honneur ce nom qui semblait destiné à l’oubli. Sa redécouverte a été menée par les subversifs autoritaires les plus énergiques et les moins rigides, habiles dans l’art de flairer l’air du temps.

Bref voyage dans la prison sociale

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Enfermer un être humain dans quelques mètres carrés pendant des mois et des années. Le contrôler, l’épier, l’humilier, le priver de ses affects. La prison est sans conteste une forme de torture. Et pourtant, malgré l’abomination de la torture, la société ne peut se passer de prison. Mieux, on pourrait dire que la prison n’est pas une simple émanation de l’Etat qui vise à réprimer et/ou isoler des êtres humains « déviants », non conformes, superflus ou indésirables. C’est au contraire une pièce organique de la société. A bien regarder l’évolution des choses, on pourrait défendre que la prison n’est pas une extension de la société, mais que la société est une extension de la prison. Autrement dit, la société toute entière est une prison dans laquelle les pénitenciers ne sont que l‘aspect le plus évident et brutal d’un système qui nous rend tous complices et victimes, tous enfermés.

Ce texte se veut un bref voyage à l’intérieur des « quartiers et des sections » de notre monde, un voyage qui n’a pas la prétention d’épuiser le sujet mais veut pointer les responsabilités, parce que, comme on l’a déjà dit plusieurs fois : l’injustice a un nom, un visage et une adresse.

COPEL, tunnels et autres apports de groupes autonomes

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« La taule était juste sur l’allée Petxina, dans le vieil édifice qu’on aperçoit : La prison Modelo, ok ? Il y avait aussi des émeutes, les gens qui s’y intéressaient et l’entendaient accourraient immédiatement. La tactique la plus utilisée était de grimper sur les toits pour y déployer une banderole, et foutre le feu à la taule, ce qui était joli à voir. Ça pour ceux de l’intérieur. Dans les rues autour de la prison, il y avait de temps en temps des affrontements avec les flics qui à l’époque chargeaient directement. On élevait des barricades, par exemple de pneus enflammés. Bon, voilà en quelque sorte l’ébauche des événements dont on est supposé causer. À partir de là, il vaut mieux que vous posiez des questions. »

 

Echapper à l’oubli (première tentative)

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« J’ai toujours gardé en tête cette image de moi-même, regardant inconsciemment les hauts murs surmontés de barbelés à chaque fois que je passais devant une prison. Devant quelle prison ? Eh bien, chaque fois que j’allais rendre visite à des amis dans le quartier de Nikea en moto et que je descendais la rue Grigoriou Lambraki, la prison de Korydallos avec ses murs de pierre attirait mon regard. Je ne sais pas pourquoi cela advenait.»

L’anarchiste Giannis Dimitrakis avait été arrêté et gravement blessé par balles (policières) le 16 janvier 2006, suite au braquage de la Banque Nationale de la rue Solonos à Athènes. Finalement condamné à 12 ans et demi, il est sorti en conditionnelle au printemps de 2012.

Niet morgen, vandaag!

Niet morgen, vandaag! – Albert Libertad

Bundeling van teksten uit Le Libertaire en l’anarchie (1897-1908)

166 p. – 5 euro

Dit boek bestellen kan via hier.

Libertad wijst onophoudelijk op de volheid van het leven, weigert elke scheiding tussen de verschillende aspecten. Zijn revolte is ondeelbaar, verdraagt geen uitstel en uit zich op alle momenten – gepast of ongepast, gewenst of ongewenst, klein of groot. Voor hem geen scheiding tussen de grote strijden en de kleine gevechten, hij verweeft alles door elkaar, alle mogelijke banden, omdat het overal hij, zijn individualiteit is die op het spel staat en zich op het spel zet.

“Ik wil geen deel van vandaag ruilen voor een fictief deel van morgen, ik wil niets van het heden loslaten voor de wind van de toekomst.” – Albert Libertad

La révolte incendiaire de novembre 2005 en France

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Pendant ces trois semaines de révolte qui ont secoué la France en novembre 2005, il y avait quelque chose de bien plus fort que des revendications : l’affirmation sociale qu’il n’y a plus rien à améliorer dans ce monde, plus rien à réformer, mais tout à détruire. Que rien de ce qui nous est « offert » (le gymnase comme l’école, l’entreprise comme le supermarché) n’est à préserver.

Le rapport social qui s’est matérialisé à cette occasion était on ne peut plus clair : dans leurs pérégrinations, les dizaines de milliers de révoltés ne se sont de fait pas attaqués à une injustice ou à une inégalité particulières (l’urbanisme pénitentiaire, les assassinats policiers ou le racisme et l’exclusion des banlieusards), mais à tout ce qui produit leur condition même d’individus superflus, c’est-à-dire à l’ensemble de ce monde autoritaire.

De hartstocht van de revolte (Michael Bakoenin)

De hartstocht van de revolte (Michael Bakoenin)

Een selectie uit de geschriften van Michael Bakoenin

204 p. – 5 euro

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Bakoenin was een grote bebaarde donderwolk voor wie de kwestie van de sociale
revolutie niet zozeer neerkwam op het overtuigen van alsmaar groeiend aantal mensen, maar wel op het weten aansteken van de lont die het kruitvat in de lucht doet vliegen. Voor hem was het geen kwestie van ledenlijsten en volkstellingen, maar hoe de hartstocht van de revolte, de passie van de opstand te doen oplaaien in de harten van de mensen.

“Wij verstaan onder de revolutie de ontketening van wat men tegenwoordig de kwade hartstochten noemt en de vernietiging van wat in dezelfde taal ‘openbare orde’ heet.” – Michael Bakoenin

Le droit à la paresse et à l’expropriation individuelle

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Toi qui fais un travail qui te plais, qui a une profession indépendante et à qui le joug du patron ne te touche pas beaucoup ; toi aussi, l’exploité, qui te soumets par résignation ou lâcheté : comment te permets-tu de condamner si sévèrement ceux qui sont passés à l’attaque contre l’ennemi ? Nous n’avons qu’une chose à te dire : « silence ! », par honnêteté, par dignité, par fierté. Tu ne ressens pas leur souffrance ? Tais toi ! Tu n’as pas leur audace ? Une fois de plus, tais toi !

Tais toi, car tu ne connais pas les tortures d’un travail et d’une exploitation que l’on hait.

Aan zij die tijdens de storm niet binnen zijn blijven zitten

Aan zij die tijdens de storm niet binnen zijn gebleven

De strijd tegen de gesloten centra en hun wereld in Lecce (Italië)

170 p. – 5 euro

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“Begin juli 2007. We zijn in het zuiden van Italië, meer bepaald in Salento, Apulië. De reputatie van deze regio buigt eerder op haar festivals met tarantello-muziek voor toeristen dan op haar militaire onderzoeksinstellingen
en speciale gevangenissen. In die bar met grote schuiframen die uitgeven op de zee zitten we slechts op enkele kabellengtes afstand van de badplaats van San
Foca. Daar, in een voormalige vakantiekolonie tussen het strand en de weg die langs de kust loop, heeft de Kerk zeven jaar lang voor rekening van de Staat een
gesloten centrum voor sans-papiers in afwachting van uitwijzing uitgebaat. Op deze alledaagse plek die je maar moeilijk op een kaart van de Italiaanse hiel kan aanduiden, werden duizenden immigranten gecontroleerd, bewaakt, opgesloten, gefouilleerd, afgeranseld en gefolterd. Honderden gingen er in hongerstaking, vernielden de inboedel, ontsnapten of gingen de confrontatie
aan met de carabinieri en de directeur van het centrum zelf, een priester.”